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  • Adieu MADIBA

    "En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d'en faire autant" Nelson Rolihlahla Mandela (prononcé en xhosa [xoˈliːɬaɬa manˈdeːla]), dont le nom du clan tribal est « Madiba », né le 18 juillet 19181 à Mvezo2 (Union d'Afrique du Sud) et mort le 5 décembre 2013 à Johannesburg3, est un homme d'État sud-africain ; il a été l'un des dirigeants historiques de la lutte contre le système politique de ségrégation raciale (apartheid) avant de devenir président de la République d'Afrique du Sud de 1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non raciales de l'histoire du pays. Read More
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Résistance Africaine: Nouvelles

Mandela est mort Pourquoi taire la vérité au sujet de l’apartheid ? Fidel Castro

Catégorie : Contributions

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Mandela Castro

 L’Empire a sans doute cru que notre peuple ne tiendrait pas parole quand, en des jours incertains du siècle passé, nous avions affirmé que, même si l’URSS disparaissait, Cuba continuerait de se battre.

La Deuxième Guerre mondiale éclata le 1er septembre 1939 quand le nazi-fascisme envahit la Pologne. Plus tard, il tomba comme la foudre sur le peuple soviétique dont l’héroïsme, au prix de vingt millions de vies, permit de sauver l’humanité de cette épouvantable boucherie qui causa plus de cinquante millions de morts.

La guerre reste, par ailleurs, la seule activité que le genre humain n’a jamais été capable, tout au long de son histoire, d’éviter, d’où cette réaction d’Einstein qui avoua qu’il ne savait pas comment serait la troisième guerre mondiale, mais qu’il était sûr que la quatrième se ferait à coups de bâtons et de pierres.

Les deux plus grandes puissances, les Etats-Unis et la Russie, disposent à elles deux de plus de vingt mille ogives nucléaires.  L’humanité ne devrait pas oublier que, trois jours après l’entrée de John F. Kennedy, le 20 janvier 1961, à la Maison-Blanche, un bombardier B-52 étasunien qui transportait deux bombes atomiques d’une capacité de destruction 260 fois supérieure à celle d’Hiroshima, s’écrasa à terre au cours d’un vol de routine à la suite de défaillances mécaniques. Dans des cas pareils, des appareils automatiques perfectionnés entrent en action pour empêcher les bombes d’exploser. La première tomba par terre sans inconvénient ; quant à la seconde, trois de ses quatre mécanismes ne fonctionnèrent pas, et le quatrième, en état critique, fonctionna à peine. C’est un pur hasard que cette bombe n’ait pas éclaté.

Aucun événement présent ou passé – de ceux dont je me souvienne ou dont j’aie entendu parler – n’a plus touché l’opinion publique mondiale que la mort de Mandela, et non du fait de ses richesses, mais en raison de ses qualités humaines et de la noblesse de ses sentiments et de ses idées.

Avant que les machines et les robots – voilà donc à peine un siècle et demi – ne prennent en charge nos modestes tâches au moindre coût, l’humanité n’avait jamais connu, tout au long de son histoire, aucun des phénomènes qui la bouleversent aujourd’hui et régissent inexorablement les destinées de chacun de nous, hommes et femmes, enfants et vieux, jeunes et adultes, agriculteurs et ouvriers, manuels ou intellectuels… Elle tend surtout à s’installer dans les villes où la création d’emplois, de transports et de conditions de vies élémentaires exige des investissements énormes au détriment de la production alimentaire et d’autres formes de vie plus raisonnables.

Trois nations ont fait atterrir des engins sur la Lune de notre planète. Le jour même où Nelson Mandela, enveloppé dans le drapeau de sa patrie,  était inhumé dans la cour de son humble maison où il était né quatre-vingt-quinze ans auparavant, la République populaire de Chine faisait se poser un module perfectionné en un lieu éclairé de notre Lune. Simple coïncidence.

Des millions d’hommes de science étudient des matières et des rayonnements sur la Terre et dans l’espace. C’est grâce à eux que nous savons que Titan, une deslunes de Saturne, a contenu quarante fois plus de pétrole que n’en comptait la Terrequand son exploitation a démarré voilà à peine cent vingt-cinq ans, une exploitation qui ne durera guère plus d’un siècle au rythme de consommation actuel.

Les sentiments de fraternité profonde entre le peuple cubain et la patrie de Nelson Mandela sont nés d’un fait que personne n’a mentionné et dont nous n’avons dit mot durant de longues années : Mandela, parce qu’il était un apôtre de la paix et ne souhaitait blesser personne ; Cuba, parce qu’elle n’agit jamais en quête de gloire ou de prestige.

Quand elle a triomphé, la Révolution cubaine a été solidaire, et ce dès les premières années,  des mouvements de libération qui, dans les colonies portugaises en Afrique, tenaient en échec le colonialisme et l’impérialisme, après la Deuxième Guerremondiale et la libération de la République populaire de Chine, le pays le plus peuplé du monde, et après le glorieux triomphe de la Révolution socialiste russe.

Les révolutions sociales faisaient branler le vieil ordre sur ses bases.  En 1960, la planète comptait déjà trois milliards d’habitants. On voyait monter en puissance les grandes sociétés transnationales  - appartenant presque toutes aux Etats-Unis, un pays qui, grâce à sa monnaie, soutenue par le monopole de l’or et une industrie intacte parce que située loin des champs de bataille, fit main basse sur l’économie mondiale, surtout à compter du jour où Richard Nixon annula unilatéralement l’étalon-or et où elles purent, à coup de simples billets de banque, s’emparer des principales ressources et matières première de la planète.

Rien de bien neuf jusqu’ici.

Mais pourquoi prétend-on cacher que le régime d’apartheid, qui fit tant souffrir l’Afrique et indigna l’immense majorité des nations du monde, était un fruit de l’Europe coloniale et que les Etats-Unis et Israël lui assurèrent le statut nucléaire, ce que Cuba, qui appuyait la lutte d’indépendance des colonies portugaises africaines, condamna ouvertement ?

Notre peuple, que l’Espagne avait cédé aux Etats-Unis alors qu’il venait de mener une lutte héroïque de plus de trente ans, ne s’était jamais résigné au régime esclavagiste qu’on lui avait imposé pendant près de quatre cents ans.

C’est de Namibie, colonie occupée par l’Afrique du Sud, que partirent en 1975 les troupes racistes qui, accompagnées de chars légers équipés des canons de 90 mm, s’enfoncèrent en Angola sur plus de mille kilomètres, jusqu’aux abords de Luanda où elles furent freinées par un bataillon, aéroporté depuis Cuba, de troupes spéciales cubaines et par les personnels, eux aussi cubains, de plusieurs chars soviétiques qui se trouvaient sur place, mais sans personne. C’était en novembre 1975, treize ans avant la bataille de Cuito Cuanavale.

J’ai dit que Cuba n’agit jamais en quête de prestige ou de bénéfices. C’est un fait que Mandela était quelqu’un d’intègre, de profondément révolutionnaire et de radicalement socialiste, qui supporta vingt-sept ans de régime cellulaire avec un grand stoïcisme. J’ai toujours admiré sa dignité, sa modestie et ses énormes mérites.

Cuba remplissait rigoureusement ses devoirs internationalistes. Elle défendait des points clefs et entraînait chaque année des milliers de combattants angolais au maniement des armes fournies par l’URSS. Mais nous ne partagions pas les vues duprincipal conseiller soviétique. Des milliers de jeunes Angolais ne cessaient d’entrer dans les unités de l’armée de leur pays en formation. Or, ce conseiller principal était loin d’être un Joukov, un Rokossovki, un Malinovski ou l’un de ces si nombreux militaires qui firent briller la stratégie militaire soviétique de tout son éclat. Il était obsédé par une idée : dépêcher des brigades angolaises équipées des meilleures armes là où se trouvait censément le gouvernement tribal de Savimbi, un mercenaire au service des Etats-Unis et de l’Afrique du Sud. Un peu comme si on avait expédié les forces qui  défendaient Stalingrad à la frontière de l’Espagne ! De fait, le régime phalangiste avait envoyé plus de cent mille soldats se battre contre l’URSS. En Angola, une opération de ce genre était en cours à cette époque-là.

L’ennemi était en train de pourchasser plusieurs brigades angolaises qui avaient été frappées à proximité de l’objectif où on les avait envoyées, à environ mille cinq cents kilomètres de Luanda, et qui se repliaient en direction de Cuito Cuanavale, une ancienne base militaire de l’OTAN, à quelque cent kilomètres de la 1re brigade blindée cubaine.

C’est alors, à ce moment critique, que le président angolais réclama le concours des troupes cubaines. Le chef de nos forces dans le Sud, le général Leopoldo CintraFrías, nous transmit cette demande. Nous répondîmes que ne nous prêterions cet appui que si toutes les forces et tous les équipements angolais sur ce front se soumettaient au commandement cubain dans le Sud angolais. Tout le monde comprenait que notre exigence était une condition indispensable pour transformer l’ancienne base en l’endroit idéal pour frapper les forces racistes sud-africaines.

Notre oui arriva en Angola en moins de vingt-quatre heures.

Décision fut alors prise d’y expédier sur-le-champ une brigade cubaine de chars. Plusieurs autres étaient cantonnées sur cette même ligne en direction de l’ouest. Le principal obstacle était la boue et le sol gorgé d’eau par les pluies saisonnières, ce qui obligeait à réviser chaque mètre pour détecter les mines antipersonnel. On envoya aussi à Cuito les gens nécessaires pour manœuvrer les chars et servir les batteries de canon dont le personnel avait disparu.

La base était coupée du territoire situé à l’est par le Cuito, un fleuve au débit rapide que franchissait un pont solide que l’armée raciste attaquait désespérément jusqu’au jour où un avion téléguidé bourré d’explosifs parvint à s’y écraser et à le rendre inutile. Il fallut faire passer les chars angolais à la retraite qui pouvaient encore rouler par un point situé plus au nord, tandis que ceux qui ne pouvaient plus le faire furent enterrés, leurs armes braquées vers l’est. Par ailleurs, un dense alignement de mines antipersonnel et antichars transformait l’autre rive du fleuve en un piège mortel. Quand les forces racistes reprirent leur avancée, elles se heurtèrent à cette muraille, toutes les pièces d’artillerie et tous les chars des brigades cubaines leur tirant dessus depuis la zone de Cuito.

Les chasseurs Mig-23 jouèrent un rôle spécial, ne cessant d’attaquer l’ennemi, parce que, même à près de mille kilomètres à l’heure, leurs pilotes étaient capables de distinguer, volant en rase-mottes, si les servants des pièces d’artillerie étaient des Noirs ou des Blancs.

Quand l’ennemi, épuisé et bloqué, entreprit de se retirer, les forces révolutionnaires se préparèrent aux derniers combats.

De nombreuses brigades angolaises et cubaines, soigneusement séparées les unes des autres, se déplacèrent à vive allure vers l’ouest où se trouvaient les seules routes larges par où les Sud-Africains entreprenaient toujours leurs actions contre l’Angola. L’aéroport, en revanche, se trouvait à environ trois cents kilomètres de la frontière avec la Namibie encore totalement occupée par l’armée de l’apartheid.

Tandis que les troupes se réorganisaient et se rééquipaient, il fut décidé de construire de toute urgence une piste d’atterrissage destiné aux Mig-23. Nos pilotes utilisaient les avions livrés par l’URSS à l’Angola dont le personnel n’avait pas eu le temps de recevoir la formation nécessaire. Plusieurs avions étaient inutilisables après avoir été parfois victimes de nos propres artilleurs. Les Sud-Africains occupaient encore une partie de la route nationale qui conduit en Namibie depuis le bord du plateau angolais. Pendant ce temps, ils s’amusaient à bombarder les ponts traversant le puissant fleuve Cunene, entre le sud angolais et le nord namibien, au moyen de canons de 140 mm d’une portée de près de quarante kilomètres. Le problème principal était que les racistes sud-africains possédaient, selon nos calculs, de dix à douze armes nucléaires et qu’ils avaient fait des essais, y compris dans les mers ou les régions congelées du sud. Le président Ronald Reagan leur avait donné l’autorisation, et  Israël leur avait livré, entre autres équipements, le dispositif nécessaire pour faire détonner la charge nucléaire. Aussi avions-nous organisé notre personnel en groupes de combat ne dépassant pas mille hommes qui devaient marcher la nuit sur une grande étendue de terrain, accompagnés de chars de combat équipés de DCA.

Selon des rapports de bonne source, les Mirage ne pouvaient pas transporter  ces armes atomiques ; il fallait des bombardiers lourds, type Canberra. De toute façon, notre DCA disposait de nombreux types de missiles capables d’atteindre et de détruire des objectifs aériens à plusieurs dizaines de kilomètres de nos troupes. Qui plus est, les combattants cubains et angolais avaient occupé et miné un barrage de quatre-vingt millions de mètres cubes d’eau situé en Angola. La rupture de ce barrage aurait équivalu à plusieurs armes nucléaires.

De son côté, un détachement de l’armée sud-africaine occupait une centrale hydraulique fonctionnant à partir des forts courants du Cunene, juste avant la frontière namibienne.

Quand, sur ce nouveau théâtre d’opérations, les racistes se mirent à utiliser leurs canons de 140 mm, les Mig-23 attaquèrent fortement ce détachement de soldats blancs, et les survivants abandonnèrent l’endroit, y laissant même des affiches critiquant leurs chefs. Telle était la situation créée quand les forces cubaines et angolaises progressaient vers les lignes ennemies.

J’appris que Katiuska Blanco, auteur de plusieurs récits historiques, était sur place, en compagnie de journalistes et de reporters. La situation était tendue, mais personne ne perdit son calme.

C’est dans ces conditions- là que nous apprîmes que l’ennemi était prêt à négocier. Fin de l’équipée impérialiste et raciste sur un continent dont la population sera supérieure, dans trente ans, à celle de la Chine et de l’Inde ensemble.

La délégation cubaine qui a assisté aux funérailles de notre frère et ami Nelson Mandela a joué un rôle inoubliable.

Je félicite le compañero Raúl pour sa brillante activité, et, en particulier, pour sa fermeté et sa dignité quand, d’un geste aimable mais résolu, il a salué le chef du gouvernement étasunien, lui disant en anglais : « Monsieur le président, je suis Castro. »

Quand mon état de santé a réduit mes capacités physiques, je n’ai pas hésité un instant à faire savoir lequel d’entre nous, à mon avis, pouvait assumer mes responsabilités. Une vie n’est qu’un moment dans l’histoire des peuples, et je pense que celui qui les assumera aujourd’hui doit avoir l’expérience et l’autorité nécessaires pour bien choisir entre une quantité croissante, voire quasi infinie, de variantes.

L’impérialisme cachera toujours dans sa manche plusieurs cartes pour faire plier notre île, même s’il doit la dépeupler en la privant de jeunes hommes et de jeunes femmes auxquels il offre les miettes des biens et des ressources qu’il pille dans le reste du monde.

Que les porte-parole de l’Empire disent maintenant comment et pourquoi l’apartheid a vu le jour !

Fidel Castro Ruz

18 décembre 2013

20 h 35

 


 

 

 

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