LE SOMALILAND: UN ETAT FANTÔME ?

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Le Somaliland se situe au Nord de la Somalie et est composée de deux états : le Somaliland (qui regroupe les territoires des Gababuursis et des Issaq) autoproclamé. Et le Puntland (qui appartient aux Darod) et qui milite depuis 1991 pour une Somalie unifiée avec Mogadishio comme capitale.

Depuis 2010, un groupe armé s’oppose à la souveraineté du gouvernement du Somaliland et prétend libérer les régions de Sool, Sanag et Cayn pour les rattacher à la Somalie. Alors que le Puntland est en guerre contre les islamistes Al-Shabab qui eux veulent créer un État islamiste somali. Ces deux états (en réalité régions) coopèrent par ailleurs sur les questions de sécurité alors qu’ils se combattent politiquement et économiquement.

La reconnaissance du Somaliland comme étant un état s’avère donc quasi impossible. En effet, aucune des conditions exigée par la Convention concernant les droits et devoirs des États, signée à Montevideo le 26 décembre 1933 et qui prévoit (dans son article 1) : « L’État comme personne de Droit international doit réunir les conditions suivantes : 1) Population permanente. 2) Territoire déterminé. 3) Gouvernement. 4) Capacité d’entrer en relations avec les autres États. » n’est remplie.

Ces dernières années le Somaliland a changé de stratégie et fait du chantage grâce à la lutte contre la piraterie et le terrorisme. Le 21 mars 2012 Mohamed Omar, le ministre des affaires étrangères de la république autonome de Somalie, avait exprimé cette volonté aux eurodéputés de la commission parlementaire des affaires étrangères (AFET) : « Le Somaliland veut jouer son rôle phare de la paix et de la sécurité dans la Corne de l’Afrique ».

Cet état n’exportait auparavant que du bétail vers les pays du golfe ( prés de deux millions de têtes de bétail par an). Mais on vient de découvrir qu’il dispose de richesses minière et pétrolière. Cela pourrait donc inciter l’union européenne et les nations unies à revoir leurs positions. De plus, l’Union Africaine semble aussi envisager une telle reconnaissance. Dès 2005, une mission d’information avait conclu que la situation était suffisamment « unique et auto justifiée dans l’histoire politique africaine » et que « cette affaire ne devrait pas mener à l’ouverture d’une boîte de Pandore ».

Mais les voisins du Somaliland (Djibouti et Ethiopie) refusent l’entérinement de cet état de fait par peur de voir resurgir le démon nationaliste. L’ Éthiopie se méfie d’un éventuel soutien aux indépendantistes somalis de l’Ogaden (en plus des rivalités religieuse, ethnique entre les deux pays). Ainsi en 1960, Hailé Sélassié et Kenyatta avaient signé un traité pour faire face à la Somalie dans ses « futures » réclamations des territoires perdus. De plus, l’Ogaden pourrait s’inspirer du Somaliland en s’autoproclamant indépendant (un territoire, un peuple, une armée et un gouvernement) à son tour.

Enfin la diaspora somalie (dans les pays du golfe, Amérique et en Europe) portent encore le rêve de la grande Somalie. Pour toutes ces raisons le Somaliland semble être la dupe de bonne foi de cet état fantôme.

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